Interrogée par le magazine Forbes, la patronne de Philipp Morris France, Jeanne Pollès, a décrit la révolution copernicienne du leader mondial de la cigarette, qui veut changer radicalement de modèle économique pour se spécialiser sur les substituts à la cigarette et devenir le promoteur d’un « monde sans fumée ».

Face aux indéniables preuves scientifiques sur la nocivité du tabac et son lien direct avec le développement d’un certain nombre de maladies (et notamment des cancers), le groupe Philip Morris a fini par se rendre à l’évidence. Une prise de conscience qui a poussé le cigarettier à repenser dans son intégralité son modèle économique.

Plutôt que de vendre des cigarettes, Philip Morris souhaite devenir le leader mondial des substituts au tabac pour accompagner les fumeurs dans leur sevrage. C’est la motivation qui a poussé le géant américain à « investir six milliards de dollars pour développer un appareil, qui chauffe des sticks de tabac au lieu de les brûler », a expliqué Jeanne Pollès.

L’appareil baptisé Iqos, chauffe le tabac à une température de 350 degrés (contre plus de 900 pour une cigarette). Cela permet de dégager une vapeur ayant la même saveur qu’une cigarette, mais ne dégageant pas les fumées nocives liées à la combustion du tabac et du papier. Selon Jeanne Pollès, l’Iqos, qui a débarqué ces derniers mois en Europe et qui connait un fort succès au Japon, n’est que la première phase du projet de Philip Morris de bâtir un « monde sans fumée ».

« À Lausanne, PMI dispose d’un centre de recherche pointue qui travaille sur d’autres produits prometteurs. Phillips Morris est en train de devenir une entreprise technologique », se réjouit-elle, avant de préciser que l’efficacité du tabac à chauffer dans l’arrêt de la cigarette est scientifiquement prouvée. « Les taux de réussite d’un arrêt total sont bien supérieurs dans les pays l’ayant adopté comme l’Italie ou le Japon ».

Et le journaliste de Forbes de conclure en décrivant la maquette « bluffante » présente à l’entrée des bureaux de Philip Morris à la Défense, qui reproduit les mécanismes d’aspiration d’une cigarette et d’un Iqos, démontrant qu’il n’y a quasiment pas de dépôts sur le filtre de ce dernier. Il en faudra toutefois plus, et sans doute des garanties des autorités sanitaires, pour convaincre les consommateurs du bien-fondé de ces nouvelles alternatives à la cigarette.

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