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La Chine se prépare à révolutionner le secteur de l’aquaculture avec le lancement imminent du « Su Hai No 1 », le premier navire au monde dédié à l’élevage de saumons. Cette avancée technologique vise à réduire considérablement la dépendance de la Chine aux importations de saumons, tout en augmentant sa production nationale. Le navire, mesurant 250 mètres et construit à un coût de 600 millions de yuans, devrait produire jusqu’à 8 000 tonnes de saumon par an. En plus de renforcer la sécurité alimentaire nationale, ce projet souligne la volonté de la Chine de devenir un leader dans le domaine de l’aquaculture marine.
Les avantages du Su Hai No 1 pour la production de saumon en Chine
Le « Su Hai No 1 » offre des solutions innovantes face aux méthodes traditionnelles d’élevage de saumons. Contrairement aux systèmes de filets fixes, ce navire peut se déplacer rapidement pour éviter les dangers tels que les typhons et les proliférations d’algues nuisibles, garantissant ainsi la sécurité du saumon. De plus, équipé d’installations pour traiter le saumon directement à bord, il permet de livrer du poisson frais et transformé sur les marchés locaux en seulement 24 heures.
Prévu pour commencer ses opérations cet automne en mer Jaune, au large de Lianyungang dans la province du Jiangsu, le navire exploitera les tourbillons d’eau froide pour la production. Si tout se passe bien, la première récolte de saumon chinois est attendue pour l’année prochaine. Actuellement, plus de 80 % de la consommation de saumon en Chine est comblée par les importations, principalement de Norvège et du Chili. Avec une consommation qui pourrait doubler d’ici 2030, le « Su Hai No 1 » répond à cette demande croissante tout en réduisant la pression environnementale due au transport et à l’aquaculture traditionnelle.
Une avancée pour les pratiques de l’aquaculture marine
La Chine voit dans le développement de son économie océanique une solution essentielle pour renforcer sa sécurité alimentaire nationale. Cette initiative répond aux défis mondiaux pressants tels que le changement climatique, les évolutions géopolitiques et les tensions commerciales avec les pays occidentaux. L’an dernier, le ministère de l’Agriculture et des Affaires rurales, en collaboration avec le ministère des Ressources naturelles, a publié des directives visant à promouvoir les pratiques d’aquaculture marine tout en protégeant l’environnement océanique.
Face à la difficulté de cultiver le saumon atlantique domestiquement, la Chine a également choisi d’utiliser la truite arc-en-ciel comme substitut. En 2018, le gouvernement chinois a officiellement autorisé la commercialisation de la truite arc-en-ciel sous le label « saumon ». Ce choix s’explique par les similitudes entre les deux espèces en termes d’apparence, de taille et de valeur nutritionnelle.
Les implications économiques et environnementales
Avec le « Su Hai No 1 », la Chine s’engage dans une stratégie visant à réduire son empreinte carbone et ses coûts logistiques liés à l’importation de saumons depuis des sources lointaines. En produisant localement, la Chine peut diminuer considérablement les impacts environnementaux associés à l’aquaculture traditionnelle et au transport longue distance.
Le navire est conçu pour contenir jusqu’à 8,3 millions de mètres cubes d’eau de mer, ce qui en fait une solution viable pour répondre à la demande croissante de saumon sans compromettre les ressources naturelles. Cette initiative s’inscrit dans une vision plus large d’autosuffisance alimentaire et de développement durable, visant à positionner la Chine comme un acteur majeur de l’aquaculture mondiale.
Vers un avenir prometteur pour l’aquaculture chinoise
Le lancement du « Su Hai No 1 » marque une étape importante dans l’évolution de l’aquaculture chinoise. En réduisant la dépendance aux importations et en augmentant la production nationale, ce navire pourrait transformer le marché du saumon en Chine. Cependant, plusieurs défis restent à relever, notamment la gestion des ressources marines et la protection de l’environnement.
Alors que la Chine continue d’explorer de nouvelles voies pour améliorer sa sécurité alimentaire, la question demeure : comment ce modèle pourrait-il être adapté pour d’autres types d’aquaculture et quels seront les impacts à long terme sur l’environnement marin ?



