Algenesis Materials, une firme enracinée à l’Université de Californie à San Diego, a créé un polymère à base d’algues qui peut se décomposer dans un délai de sept mois, offrant une solution prometteuse au problème croissant des microplastiques.
Les microplastiques : une menace environnementale
Les microplastiques, ces minuscules fragments issus des produits en plastique du quotidien, représentent une menace environnementale majeure. Presque indestructibles et présents partout, de l’air à l’eau potable, en passant par la nourriture et même à l’intérieur de nos corps, ces particules de plastique mettent entre 100 et 1 000 ans à se décomposer. Cette longévité signifie qu’elles s’accumulent rapidement dans l’environnement, exacerbant un problème déjà criant.
Algenesis Materials : une solution innovante
Dans ce contexte, Algenesis Materials propose une réponse innovante. La société a développé un polymère à base d’algues qui se décompose en seulement sept mois. L’objectif est d’utiliser ce matériau en remplacement d’une large gamme de polyuréthanes thermoplastiques (TPU) à base de pétrole couramment employés dans divers secteurs industriels.
Une étude prometteuse menée par l’UC San Diego
Une récente étude publiée dans Nature Scientific Reports par des chercheurs de l’UC San Diego, en collaboration avec Algenesis Materials, a démontré que le nouveau matériau se décompose en conditions de compostage domestique jusqu’au niveau des microparticules – et donc sans laisser de résidus de microplastiques. Pour mener ce travail, les scientifiques ont généré des microplastiques à partir du TPU à base d’algues de l’entreprise, et ont découvert que ces particules pouvaient être ingérées et décomposées en nutriments inoffensifs et en CO2 par certaines bactéries présentes dans le sol.
Défis et perspectives de l’utilisation du nouveau matériau
Créer une alternative durable aux plastiques à base de pétrole n’est toutefois qu’une partie du problème. L’introduction du nouveau matériau dans les chaînes de production actuelles présente en effet des défis spécifiques. Algenesis Materials progresse cependant dans ce domaine, collaborant actuellement avec plusieurs entreprises pour expérimenter la fabrication de produits comme des tissus enduits et des étuis pour téléphones portables à partir des nouveaux biopolymères.
L’année dernière, Algenesis a recueilli 5 millions de dollars grâce à un tour de financement initié par First Bight Ventures, un fonds du Texas dédié à la biologie synthétique, et Circulate Capital, un capital-risqueur spécialisé dans les projets à impact environnemental, entre autres. Ce tour de table fait suite à une subvention de 5 millions de dollars accordée par le Département de l’Énergie des États-Unis pour développer la production d’isocyanates biosourcés.
Un espoir dans la lutte contre les microplastiques
Les efforts pour éliminer les microplastiques de l’environnement se multiplient et prennent des formes variées, allant de la création d’un intestin artificiel de vers à celle de matériaux d’emballage qui se dissolvent dans l’eau. Algenesis Materials et son nouveau polymère à base d’algues représentent un espoir majeur dans cette lutte. Avec des initiatives de ce type, nous commençons à entrevoir le chemin vers une industrie du plastique plus respectueuse de l’environnement. Mais dans un monde encore largement dépendant du plastique, la question demeure : sommes-nous prêts à suivre ce chemin ?






