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« Ils plongent Internet sous la mer » : la Chine mise sur des centres de données sous-marins pour réduire l’énergie (au risque de troubler les océans)

« Ils plongent Internet sous la mer » : la Chine mise sur des centres de données sous-marins pour réduire l’énergie (au risque de troubler les océans)
Illustration de centres de données sous-marins au large de Shanghai permettant une réduction de la consommation énergétique.
EN BREF
  • ? Centres de données sous-marins : une solution pour réduire la consommation d’énergie des infrastructures numériques.
  • ? Projet soutenu par le gouvernement chinois avec des subventions pour promouvoir l’innovation technologique.
  • ? Inquiétudes concernant l’impact écologique sur les écosystèmes marins en raison de la chaleur dégagée.
  • ? Défis techniques liés à la construction et maintenance des installations sous-marines.

Les centres de données sous-marins émergent comme une solution innovante face aux défis énergétiques croissants du secteur numérique. Alors que l’intelligence artificielle et les technologies numériques se développent rapidement, la demande pour des infrastructures plus efficaces en énergie ne cesse de croître. En immergeant des serveurs dans l’océan, des entreprises espèrent réduire les coûts énergétiques liés au refroidissement des centres de données traditionnels. Cependant, cette technologie en plein essor suscite également des préoccupations écologiques, notamment en ce qui concerne l’impact thermique sur la vie marine. La Chine, pionnière dans le domaine, teste actuellement ces nouvelles installations au large de Shanghai.

Les promesses des centres de données sous-marins

Les centres de données sous-marins proposent une réduction de 90 % de la consommation d’énergie pour le refroidissement. En effet, les courants océaniques permettent de réguler naturellement la température des serveurs immergés. Cette approche contraste avec les systèmes de refroidissement énergivores utilisés par les centres conventionnels. La société chinoise Highlander, en collaboration avec des constructeurs d’État, met en œuvre un projet au large de Shanghai. Ce projet vise à submerger une capsule de serveurs pour réduire l’empreinte carbone des infrastructures de données, en s’inspirant d’un essai antérieur mené par Microsoft en Écosse en 2018.

Des clients comme China Telecom bénéficieront de cette nouvelle infrastructure. L’idée est de tirer parti des avantages inhérents aux opérations sous-marines tout en intégrant cette technologie dans les services commerciaux. Bien que Microsoft n’ait jamais commercialisé son essai, la Chine voit cette initiative comme un moyen de répondre à la demande croissante d’efficacité énergétique dans le domaine de l’intelligence artificielle.

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Alimentation par des sources d'énergie renouvelables

Les projets de centres de données sous-marins en Chine reçoivent un soutien important du gouvernement, notamment à travers des subventions. Highlander a reçu 40 millions de yuans pour un projet en 2022 sur l'île de Hainan. Le centre de données de Shanghai, quant à lui, sera principalement alimenté par des parcs éoliens offshore, garantissant que plus de 95 % de son énergie provienne de sources renouvelables. Toutefois, la construction de ces installations n'est pas sans défis. Zhou Jun, ingénieur sur le projet de Shanghai, a souligné la complexité de la construction sous-marine. La protection des serveurs contre l'eau de mer est cruciale, et pour cela, Highlander utilise une capsule en acier recouverte de flocons de verre pour résister à la corrosion.

Un ascenseur reliera le module sous-marin à une section située au-dessus de l'eau, facilitant ainsi la maintenance. Cette approche novatrice pourrait bien changer la façon dont nous envisageons l'infrastructure numérique, à condition que les défis techniques soient surmontés.

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Risques environnementaux et techniques

Malgré les promesses de cette technologie, des experts soulèvent des préoccupations environnementales. La chaleur dégagée par les centres de données sous-marins pourrait perturber les écosystèmes marins. Andrew Want, écologiste marin, souligne que l'effet thermique pourrait attirer certaines espèces tout en en repoussant d'autres, bien que les recherches sur ce sujet soient encore insuffisantes. Highlander a mené une évaluation en 2020 près de Zhuhai, affirmant que les températures de l'eau restaient sous les seuils critiques. Cependant, à mesure que ces opérations s'intensifient, les effets thermiques pourraient s'amplifier.

Les défis techniques sont également nombreux. Les connexions Internet entre les serveurs offshore et la terre sont plus complexes à établir. Des chercheurs aux États-Unis et au Japon ont même averti des vulnérabilités potentielles face aux attaques par ondes sonores sous l'eau. Malgré ces obstacles, certains spécialistes, comme Shaolei Ren, estiment que les installations sous-marines pourraient trouver leur place dans certains segments de marché, sans pour autant remplacer les centres traditionnels.

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Perspectives d'avenir pour les centres de données sous-marins

L'essor des centres de données sous-marins pourrait représenter une avancée majeure dans la réduction de l'empreinte carbone des infrastructures numériques. Toutefois, il est essentiel de résoudre les problèmes environnementaux et techniques avant que cette technologie ne devienne courante. Le soutien gouvernemental en Chine montre une volonté de transition vers des solutions plus durables. Cependant, des recherches plus approfondies sont nécessaires pour évaluer pleinement les impacts à long terme sur les écosystèmes marins.

Les centres de données sous-marins pourraient-ils offrir une solution durable et efficace aux défis énergétiques du secteur numérique, tout en préservant les écosystèmes marins ?

Cet article s’appuie sur des sources vérifiées et l’assistance de technologies éditoriales.