L’investissement passif connaît une croissance considérable depuis plusieurs années, séduisant de plus en plus d’épargnants à la recherche d’une approche simple et efficace pour faire fructifier leur capital.
Entre promesse de performance durable et maîtrise des coûts, cette stratégie appelle une réflexion approfondie pour évaluer sa compatibilité avec vos objectifs, votre horizon de placement et votre profil d’investisseur.
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Résumé des points clés
- L’investissement passif offre des rendements historiquement stables et compétitifs (7-10% annuels sur le long terme pour les ETF mondiaux)
- Il repose sur une vision de diversification pour capturer la performance globale du marché
- Contrairement à l’investissement actif, il vise à égaler plutôt qu’à battre le marché
- Sur le long terme, l’investissement passif surpasse généralement l’investissement actif, notamment grâce à des frais réduits
- Les principaux véhicules d’investissement passif comprennent les ETF, les SCPI et les fonds indiciels
- Idéal pour les investisseurs recherchant simplicité, diversification et investissement sur une période étendue, nécessitant un minimum d’intervention personnelle
Qu’est-ce que l’investissement passif ?
L’investissement passif représente une approche d’investissement sur plusieurs années caractérisée par un faible niveau d’intervention après le placement initial. Cette stratégie, contrairement aux approches actives, ne vise pas à identifier les titres sous-évalués ou à prévoir les mouvements du marché, mais plutôt à constituer un portefeuille représentatif de l’ensemble d’un segment de marché ou d’un indice de référence.
Contrairement à une idée répandue, l’investissement passif ne nécessite pas obligatoirement de déléguer la gestion à un tiers, bien que certains choisissent de le faire via des fonds indiciels ou des ETF gérés par des professionnels.
Selon MoneyRadar.org, l’investissement passif repose sur l’idée que les marchés sont globalement efficients à long terme, et qu’il est donc plus judicieux d’en suivre la tendance plutôt que de chercher à les surperformer.
La philosophie sous-jacente à l’investissement passif est d’acheter et conserver des actifs sur une longue période, en visant à capturer la performance globale du marché. Cette approche contraste fortement avec la négociation fréquente ou le « timing » du marché caractéristique des stratégies actives.
Les investisseurs passifs cherchent à construire un portefeuille bien diversifié, souvent à travers des véhicules d’investissement qui répliquent des indices de marché comme le S&P 500, le MSCI ACWI ou le CAC 40 en France.
L’objectif n’est pas de sélectionner les « meilleures » actions ou obligations, mais plutôt de posséder un échantillon représentatif de l’ensemble du marché, partant du principe que si l’économie croît sur au fil du temps, le portefeuille en bénéficiera également.
Différence entre investissement passif et actif
Ces deux approches d’investissement se distinguent fondamentalement par leurs objectifs, méthodes et implications pour l’investisseur.
L’investissement actif implique une gestion directe du portefeuille avec des décisions fréquentes d’achat et de vente, souvent dans une optique de court à moyen terme. Il mise sur la sélection minutieuse des actifs, parfois concentrée sur des secteurs spécifiques, et nécessite un suivi constant, une analyse approfondie et des connaissances financières solides.
Cette approche implique des frais plus élevés (1-2%+) et des coûts de transaction importants, en contrepartie de rendements potentiellement supérieurs.
À l’inverse, l’investissement passif consiste à reproduire la composition d’indices ou de segments de marché entiers selon une approche « buy and hold » avec une diversification massive. Pensée pour s’étendre sur plusieurs années, il nécessite peu d’interventions après le placement initial, se limitant à des révisions périodiques.
Grâce à des frais de gestion très faibles (0,1 à 0,5 %) et à sa grande simplicité, cette méthode est particulièrement accessible aux débutants, tout en offrant des rendements alignés sur la performance globale du marché.
Avantages de l’investissement passif
L’investissement passif offre une multitude de bénéfices qui expliquent sa popularité croissante auprès des épargnants de tous horizons.
Un investissement simple et accessible
L’investissement passif ne nécessite pas d’expertise particulière en finance ou d’analyses complexes. Une fois la stratégie initiale établie, la gestion quotidienne est minimale.
Des coûts réduits
les frais sont nettement inférieurs à ceux de la gestion active. Cette économie, qui peut sembler modeste à court terme, devient substantielle sur des décennies d’investissement grâce à l’effet des intérêts composés.
Une efficacité prouvée au fil du temps
Plusieurs études montrent que la majorité des fonds actifs ne parviennent pas à battre leur indice de référence sur de longue période. La performance des investissements passifs s’avère souvent supérieure.
Une diversification adaptable pour gérer les risques
Les véhicules d’investissement passif permettent d’accéder facilement à une diversification optimisée selon vos objectifs et votre profil de risque. Les ETF mondiaux offrent une exposition à des milliers d’entreprises à travers différents pays et secteurs, ce qui dilue considérablement l’impact d’un événement négatif affectant une entreprise ou un marché spécifique.
De plus, la flexibilité des produits d’investissement passif permet de construire un portefeuille sur mesure, en combinant par exemple un socle d’ETF mondiaux avec des ETF thématiques ciblés, afin de bénéficier à la fois d’une protection globale et d’une exposition contrôlée à certaines opportunités de croissance.
La réduction des biais comportementaux
En limitant les interventions, l’investissement passif réduit l’impact des biais émotionnels comme la peur et l’avidité qui peuvent nuire aux décisions financières.
Inconvénients de l’investissement passif
Malgré ses nombreux atouts, l’investissement passif présente certaines limites qu’il est essentiel de considérer avant de s’engager dans cette stratégie.
Une personnalisation limitée de votre portefeuille
L’investisseur a peu d’influence sur la composition précise de son portefeuille, ce qui peut poser problème pour ceux souhaitant éviter certains secteurs (armement, tabac, etc.) ou favoriser d’autres (énergies renouvelables par exemple).
Des rendements limités à la performance du marché
Par définition, l’investissement passif ne permet pas de générer de « surperformance » par rapport aux indices. Les investisseurs doivent se contenter des rendements moyens du marché.
Une exposition aux baisses du marché
En suivant le marché, les investissements passifs subissent pleinement les corrections et crises financières. En comparaison, un gestionnaire actif pourrait potentiellement ajuster son exposition avant ou pendant une crise.
Un potentiel de concentration
Certains indices sont pondérés par capitalisation boursière, ce qui peut créer des concentrations importantes sur quelques entreprises ou secteurs dominants.
Une liquidité variable
Bien que généralement liquides, certains véhicules d’investissement passif comme les SCPI peuvent présenter des contraintes importantes en termes de liquidité.
Quelques exemples d’investissements passifs
La grande force de l’investissement passif réside dans sa variété d’options adaptées à différents profils, objectifs et horizons temporels, chacune présentant ses propres caractéristiques en termes de liquidité, rendement et accessibilité :
ETF (Exchange Traded Funds)
Les ETF sont des fonds négociés en bourse qui répliquent la performance d’un indice, d’un secteur ou d’une classe d’actifs spécifique. Ils offrent une grande diversification avec des frais très réduits, généralement entre 0,05% et 0,5% par an. On trouve des ETF spécialisés sur :
- Les grandes régions (Amérique du Nord, Europe, marchés émergents…)
- Les secteurs économiques (technologie, santé, finance…)
- Les thématiques d’investissement (ESG, eau, énergie renouvelable…)
- Les classes d’actifs (obligations, actions, matières premières…)
Fonds indiciels
Similaires aux ETF mais sous forme de fonds d’investissement classiques, ils sont généralement disponibles dans les contrats d’assurance-vie ou les plans d’épargne retraite. Ils visent également à répliquer un indice de référence avec des frais limités.
Assurance-vie en gestion pilotée
L’assurance-vie en gestion pilotée permet de déléguer entièrement les choix d’investissement à des professionnels qui ajustent l’allocation selon le profil de risque défini initialement. Cette solution offre également des avantages fiscaux substantiels, notamment en matière de transmission.
Des études ont démontré que, sur le long terme, les fonds indiciels peuvent offrir des rendements compétitifs. Par exemple, depuis 2005, un fonds indiciel a réalisé un rendement moyen de 8,6 % par an, tandis qu’un fonds actif similaire a affiché un rendement de 4,9 %.
SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier)
Les SCPI permettent d’investir indirectement dans l’immobilier commercial, de bureau ou résidentiel. L’investisseur achète des parts d’une société qui acquiert et gère un parc immobilier, puis redistribue les loyers sous forme de dividendes.
Les SCPI présentent plusieurs avantages pour l’investissement passif :
- Rendements relativement stables (généralement entre 3% et 6% annuels)
- Gestion entièrement déléguée (recherche des locataires, travaux, etc.)
- Mutualisation des risques sur de nombreux biens
- Accessibilité avec un ticket d’entrée beaucoup plus faible que l’immobilier direct
Note : il est important de rappeler que ces taux moyens dissimulent une grande hétérogénéité dans les performances des SCPI disponibles sur le marché. Certaines sociétés se démarquent et affichent des résultats remarquables à l’image de la SCPI Comète (Alderan) qui a enregistré un rendement de 11,18 % en 2024.
Immobilier locatif en gestion déléguée
L’immobilier locatif traditionnel peut également s’inscrire dans une approche passive lorsque sa gestion est entièrement déléguée à des professionnels. Ce mode d’investissement permet d’acquérir directement un bien immobilier tout en confiant à une agence spécialisée la recherche de locataires, la gestion administrative, la maintenance et les éventuels travaux.
L’investisseur bénéficie ainsi des avantages fiscaux de l’immobilier direct (déficit foncier, amortissement) et du potentiel de plus-value à long terme, sans les contraintes de la gestion quotidienne. Cette solution nécessite toutefois un capital initial conséquent et implique des frais de gestion généralement compris entre 7% et 10% des loyers.
Crowdfunding immobilier
Une approche plus récente consiste à investir dans des obligations adossées à des biens immobiliers. Ces obligations permettent de percevoir des revenus liés aux loyers et de bénéficier potentiellement de la plus-value immobilière, avec un ticket d’entrée très accessible (parfois dès 100€).
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Est-ce que l’investissement passif est rentable ?
La rentabilité de l’investissement passif s’apprécie avant tout sur de longue période. Historiquement, les marchés actions ont généré des rendements annualisés de l’ordre de 7 à 8 % sur des périodes de 15 à 20 ans, en réinvestissant automatiquement les dividendes perçus et après prise en compte de l’inflation.
Les différentes types d’investissements accessibles via une gestion passive présentent des profils de rendement variés :
Type d’investissement passif | Rentabilité moyenne estimée | Niveau de risque |
Liquidité |
Ticket d’entrée |
ETF mondiaux (actions) | 7-10% par an sur le long terme | Moyen à élevé | Excellente | Dès quelques euros |
Fonds indiciels | 6-9% par an selon l’indice | Variable selon composition | Bonne | Variable, souvent 100-1000€ |
SCPI | 3-6% annuels + potentielle plus-value | Moyen | Modérée | 1000-5000€ minimum |
ETF obligataires | 2-4% par an | Faible à moyen | Excellente | Dès quelques euros |
Assurance-vie en gestion pilotée | 3-8% selon profil de risque | Variable selon profil | Moyenne à bonne | Généralement 1000€ minimum |
Immobilier locatif délégué | 3-5% net + potentielle plus-value | Moyen à élevé | Faible | Plusieurs dizaines de milliers d’euros |
Crowdfunding immobilier | 5-9% selon projets | Moyen à élevé | Faible (durée fixe) | Dès 100€ |
L’investissement passif se distingue par une performance solide et régulière, souvent supérieure à celle de la gestion active sur longue période. De nombreuses analyses confirment que les placements dans des indices boursiers larges, via des ETF, affichent des rendements annuels compétitifs tout en étant moins coûteux à gérer.
Cette surperformance relative s’explique en grande partie par des frais de gestion bien plus faibles. Sur plusieurs années, même des écarts de frais de quelques dixièmes de point peuvent se traduire par plusieurs milliers d’euros de manque à gagner, réduisant significativement le capital accumulé à terme.
Comment se lancer dans l’investissement passif ?
Se lancer dans l’investissement passif nécessite une approche structurée et réfléchie, adaptée à votre situation personnelle, pour construire progressivement un patrimoine solide et profiter pleinement des rendements historiques attractifs des marchés sur plusieurs années. Voici les étapes essentielles pour débuter sereinement dans cette démarche d’investissement.
1. Définir ses objectifs et son horizon temporel
Avant tout investissement, il est essentiel de clarifier les motivations qui vous poussent à investir (retraite, achat immobilier, études des enfants…) et sur quelle durée vous souhaitez vous engager. L’investissement passif est particulièrement adapté aux horizons longs (10 ans et plus).
2. Évaluer son profil de risque
Déterminez votre tolérance au risque en fonction de votre âge, situation familiale, patrimoine global et stabilité professionnelle. Cela influencera la répartition entre actifs plus ou moins risqués.
3. Choisir les véhicules d’investissement appropriés
En fonction de vos objectifs et de votre profil, optez :
- Pour la simplicité maximale : ETF « monde » diversifié (type MSCI World)
- Pour un complément de revenus : SCPI ou ETF à dividendes
- Pour anticiper la retraite : PER ou assurance-vie en gestion pilotée
4. Définir une stratégie d’investissement régulier
L’investissement passif fonctionne idéalement avec des versements réguliers (mensuels ou trimestriels) de manière à lisser les points d’entrée sur le marché. Cette approche, connue sous le nom de « dollar-cost averaging » (DCA), réduit grandement l’impact de la volatilité sur le long terme.
5. Mettre en place un système de suivi minimal
Bien que l’investissement soit passif, une révision annuelle du portefeuille reste nécessaire pour s’assurer que l’allocation correspond toujours à vos objectifs et pour ajuster votre stratégie si nécessaire.
L’investissement passif est-il une bonne idée ?
L’investissement passif présente des avantages comme des limites, qui dépendent étroitement de votre situation personnelle et de vos objectifs financiers. Il convient tout particulièrement aux investisseurs débutants, aux personnes âgées, à ceux qui adoptent une stratégie de long terme, ainsi qu’à ceux qui privilégient la tranquillité d’esprit à la recherche frénétique de performance.
Il permet de répondre efficacement à plusieurs défis majeurs de l’investissement : la difficulté à surperformer les marchés, le poids des frais de gestion, et l’influence souvent néfaste des biais comportementaux sur les décisions financières.
En revanche, cette approche convient moins à ceux qui souhaitent exprimer des convictions fortes sur certains secteurs, aux investisseurs expérimentés maîtrisant l’analyse financière, ou à ceux qui recherchent une personnalisation poussée de leur portefeuille.
La solution optimale pour beaucoup d’investisseurs pourrait être une approche hybride: consacrer l’essentiel du portefeuille (80-90%) à des stratégies passives bien diversifiées, tout en réservant une portion plus modeste à des investissements actifs ciblés dans des domaines où l’investisseur possède une expertise particulière ou des convictions fortes.
En définitive, l’investissement passif constitue une excellente fondation pour une stratégie patrimoniale à long terme, offrant un équilibre optimal entre rendement, risque et simplicité de mise en œuvre. Sa démocratisation ces dernières années témoigne de son efficacité et de sa pertinence pour une large majorité d’épargnants soucieux de faire fructifier leur capital de manière responsable et pérenne.
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J’ai toujours pensé que l’investissement passif était ennuyeux. Mais après avoir lu l’article, je commence à changer d’avis. 😊
Merci pour cet article détaillé ! Mais est-ce que l’investissement passif convient à quelqu’un qui aime prendre des risques ?
Je suis curieux… Comment les ETF de niche se comportent-ils par rapport aux ETF traditionnels ?
Investir sans stress ? Ça ressemble à un rêve. Mais est-ce vraiment possible ? 🤔
Les frais réduits, c’est bien, mais est-ce que ça compense vraiment le manque de personnalisation du portefeuille ?
J’ai du mal à croire que les marchés sont toujours efficients. Et si on passait à côté de quelque chose de gros ?
Pourquoi faudrait-il se contenter de suivre le marché quand on peut aussi essayer de le battre ?
Un grand merci pour cet éclairage sur les SCPI. J’envisage sérieusement d’en acquérir !