Tech à Taïwan : les salariés de Micron veulent leur part des profits de l’IA
Après l’accord qui a évité une grève chez Samsung en Corée du Sud, le partage des profits que franceinfo relie au boom de l’intelligence artificielle gagne les usines taïwanaises de l’américain Micron.
Laurent Duchêne4 min de lecture

En bref
- Selon franceinfo, Taïwan fabrique 90 % des puces les plus sophistiquées au monde et ses exportations ont atteint environ 77 milliards d’euros, en hausse de plus de 40 % sur 2025.
- En Corée du Sud, près de 50 000 salariés de Samsung Electronics ont menacé de faire grève pour toucher en primes une part des profits records du groupe.
- L’accord signé le 27 mai prévoit de verser en primes spéciales un peu plus de 10 % du bénéfice d’exploitation de la division des puces de Samsung.
- Chez Micron, les employés taïwanais réclament à leur tour une part des profits que franceinfo relie au boom de l’intelligence artificielle.
Les salariés de Micron à Taïwan ont voté pour lancer un mouvement de grève, rapporte franceinfo. Le fabricant américain possède des usines sur l’île, et ses employés demandent à leur direction de leur rétrocéder une part des profits financiers qui, selon la chronique, explosent avec le boom de l’intelligence artificielle.
Une île au cœur de la fabrication des puces
Le conflit s’ouvre dans un territoire central pour l’industrie des semi-conducteurs. Selon franceinfo, Taïwan fabrique 90 % des puces les plus sophistiquées au monde, des composants employés dans tous les secteurs de l’intelligence artificielle.
Cette position se retrouve dans le commerce extérieur. La même semaine que le vote chez Micron, le gouvernement taïwanais a annoncé des exportations record : portées par l’explosion de la demande mondiale liée à l’IA, les ventes de l’île à l’étranger ont atteint environ 77 milliards d’euros, selon le montant cité par franceinfo, soit une progression de plus de 40 % par rapport à 2025.
Pour la chronique, cet essor a une conséquence directe sur les choix des groupes américains : de grandes entreprises américaines investissent massivement à Taïwan, et Micron Technology figure parmi elles. Toujours d’après franceinfo, le fabricant a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 35 milliards d’euros sur le seul troisième trimestre de 2026.
Le précédent Samsung en Corée du Sud
La revendication n’est pas née sur l’île. D’après franceinfo, la fronde est d’abord apparue à environ 1 500 kilomètres de Taïwan, en Corée du Sud, chez Samsung, un concurrent que la chronique présente comme le leader mondial de la tech.
En début d’année, près de 50 000 salariés de Samsung Electronics ont menacé de déclencher une grève massive, au point, selon les mots de franceinfo, d’avoir « fait trembler leur direction ». La chronique qualifie leur revendication d’inédite et même d’historique. Elle portait sur les salaires : les employés voulaient toucher une part des profits records du groupe sous forme de prime, cette année mais aussi à l’avenir. Pour la défendre, ils ont mis en avant le boom de l’usage de l’intelligence artificielle.
Un accord a été signé le 27 mai, et la grève a été évitée. Samsung a accepté de verser sous forme de primes spéciales un peu plus de 10 % du bénéfice d’exploitation, non pas de l’ensemble du groupe, mais de sa division des puces électroniques.
À Taïwan, la même question chez Micron
Depuis cet accord, techniciens et ingénieurs taïwanais regardaient vers la Corée du Sud avec une question que relaie franceinfo : « pourquoi ne pas obtenir la même chose ? » D’après franceinfo, l’annonce des exportations record par le gouvernement a encore donné du poids à cette interrogation.
La chronique résume l’enjeu en une phrase : les salariés taïwanais de la tech veulent profiter eux aussi de cette hausse des revenus, comme leurs collègues sud-coréens l’ont obtenu. Le vote des employés de Micron s’inscrit dans ce mouvement. Franceinfo y voit aussi la démonstration que le droit de grève et celui de manifester existent à Taïwan, qu’elle présente comme une démocratie.
Les deux mobilisations visent la même chose : une part de profits que franceinfo associe au boom de l’intelligence artificielle, un argument que les salariés de Samsung ont eux-mêmes mis en avant. En Corée du Sud, la menace de grève a débouché sur des primes spéciales ; à Taïwan, la revendication s’est traduite, selon franceinfo, par un vote en faveur d’un mouvement de grève.
Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Heeheemalu. Licence : CC BY-SA 4.0.
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