Après les pillages du 17 octobre, les épiciers redoutent le coût économique de la mobilisation
Une représentante de la Fédération de l’épicerie et du commerce de proximité dit que les boutiquiers doivent trancher chaque samedi, à l’approche d’une période décisive pour leurs ventes.
Claire Vasseur3 min de lecture

En bref
- Virginie Grimault s’est exprimée sur franceinfo le jour de la mobilisation du 31 octobre.
- Certains commerçants se protègent, d’autres ne comptent pas ouvrir ce samedi-là.
- Elle redoute des conséquences économiques qui vont au-delà des destructions et des pillages.
Pour les commerçants de proximité, la même question revient chaque samedi : lever le rideau ou préserver l’outil de travail. Virginie Grimault, déléguée générale de la Fédération de l’épicerie et du commerce de proximité, l’a exposée le samedi 31 octobre sur franceinfo, alors qu’une nouvelle journée de mobilisation avait lieu partout en France. Son message tient en une phrase : « Nous ne pouvons pas être les victimes collatérales de ce mouvement ».
Trois samedis, une inquiétude qui persiste
Les repères datés expliquent pourquoi la profession reste sur ses gardes. Le 17 octobre, des violences et des pillages ont laissé une trace profonde chez les commerçants, d’après la responsable. La semaine suivante, les choses se sont déroulées autrement.
- : violences et pillages, dont la profession garde un souvenir très vif.
- : les cortèges restent éloignés des centres commerçants, ce qui évite de reproduire la scène du 17.
- : nouvelle journée de mobilisation, avec une prise de parole de la Fédération le matin même.
Virginie Grimault se félicite de cette mise à distance des défilés, qui a permis le 24 octobre d’écarter une répétition des événements du 17. Elle précise toutefois que les craintes des commerçants n’ont pas disparu. De son côté, le Conseil d’État a validé le tracé de la manifestation du 31 octobre souhaité par la Préfecture de police de Paris.
Ouvrir ou protéger son outil de travail
La déléguée générale formule le dilemme ainsi : un commerçant doit-il arbitrer entre la protection de son outil de travail et la poursuite de son activité ? Selon elle, chaque samedi ramène la même interrogation, celle d’ouvrir ou non.
Pour le 31 octobre, les décisions annoncées ne vont pas dans le même sens. « Certains vont se protéger, certains ne vont pas ouvrir », affirme Virginie Grimault. Autrement dit, la réponse change d’une boutique à l’autre : une partie des commerçants choisit de sécuriser son commerce, une autre de rester fermée.
« On ne peut pas dire aux commerçants samedi après samedi : si vous voulez garder votre commerce, il va falloir fermer »
Virginie Grimault, déléguée générale de la Fédération de l’épicerie et du commerce de proximité
Elle juge ainsi que la répétition des samedis de mobilisation pèse sur les décisions quotidiennes des boutiquiers, qui ne devraient pas avoir à choisir entre la sauvegarde de leur commerce et son ouverture.
Des dégâts qui dépassent les vitrines
La représentante des commerçants ne limite pas son propos aux dommages matériels. « Il y a eu des commerces détruits, il y a eu des commerces pillés, mais les dégâts vont bien au-delà », souligne-t-elle, en évoquant les conséquences économiques de ces mobilisations pour la profession.
Elle rappelle que les fêtes de Noël constituent une période décisive pour les commerçants. Elle réclame un retour au calme, dans un contexte où le pouvoir d’achat pose déjà des difficultés. Son souhait est de retrouver dans les centres-villes une atmosphère plus sereine, de façon que les consommateurs reviennent y faire leurs achats.
Hellobiz.fr a déjà détaillé comment les commerçants de proximité s’organisent à Paris face aux pillages.
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