Le marquage CE copié sur des produits dangereux vendus en ligne
Des faussaires copient le sigle CE jusque sur l’emballage de produits imités, vendus surtout sur Internet, avec des risques d’incendie ou de fuite de piles.
Laurent Duchêne3 min de lecture

En bref
- Le sigle CE est obligatoire pour l’électroménager, les jouets et le matériel de sport.
- Des contrefaçons, surtout vendues en ligne, portent un faux logo CE.
- Obtenir le vrai marquage exige des tests avant et pendant la production.
- Deux conseils : se méfier des prix bas et préférer les points de vente traditionnels.
Non, le marquage CE ne suffit pas à garantir qu’un produit est sûr : des fabricants de contrefaçons y apposent un faux logo, et ces articles circulent surtout sur Internet. C’est l’alerte lancée par plusieurs spécialistes dans un reportage de franceinfo Économie.
Les deux lettres, qui signifient « Conformité Européenne », attestent qu’un produit répond aux exigences de l’Union. Le marquage est obligatoire pour l’électroménager, les jouets ou encore le matériel de sport. Pourtant, interrogés par franceinfo, plusieurs passants ignorent ce que ce sigle désigne. D’autres le jugent rassurant ou y voient un gage de traçabilité.
Des faux CE jusque sur l’emballage
Le musée de la Contrefaçon, à Paris, expose des produits imités, fabriqués principalement en Asie et interceptés par la douane française. Certains portent un faux sigle CE sur leur emballage. Pour Delphine Sarfati-Sobreira, directrice générale de l’Union des fabricants, ce logo « fait croire au consommateur que le produit est légal ».
Ces imitations ne répondent à aucune exigence européenne. En France, elles sont commercialisées essentiellement sur Internet. Parmi les dangers, la responsable cite le court-circuit et la fuite de piles dans un système électrique. « Un produit peut prendre feu, un produit peut aussi couler : les piles peuvent couler dans un système électrique, ça peut être extrêmement dangereux que ce soit pour des adultes ou pour des enfants », dit-elle.
Ce que coûte un vrai marquage
Les entreprises européennes, elles, doivent organiser de nombreux tests pour décrocher le marquage. Un harnais, par exemple, doit supporter une chute de 4 mètres sans céder.
| Étape | Fabricant européen |
|---|---|
| Tests | Réalisés avant la commercialisation, puis pendant toute la production |
| Recherche | Plusieurs mois de travail avant de poser l’étiquette |
| Contrôle | Présentation d’un document officiel exigée |
Guillaume Pavero, responsable des essais chez un fabricant de matériel de montagne, décrit un test de casque : « On va venir percuter le casque pour simuler une chute de pierre ou quelque chose qui pourrait tomber sur l’utilisateur ». Mickaël Lhermite, responsable de la conformité réglementaire chez Petzl, souligne que des produits arrivent sur le marché sans suivre les mêmes règles : selon lui, « c’est de la concurrence déloyale et ça met en danger l’utilisateur ». Les vérifications menées durant toute la production visent à garantir la conformité dans le temps.
Des contrôles douaniers à la peine
Christophe Drevet, directeur général de la Fédération Française des industries du Jouet de la Puériculture, affirme que « les contrôles douaniers sont efficaces, il y a un énorme travail de réalisé ». Il les juge toutefois insuffisants face à l’ampleur de la tâche, le commerce arrivant par milliards de pièces sur le marché européen. Il réclame un durcissement de la réglementation.
Pour reconnaître les vrais marquages, deux conseils sont avancés :
- se méfier des prix bas ;
- privilégier les lieux de vente traditionnels.
Ces réflexes réduisent le risque sans l’écarter totalement : ils ne constituent pas une garantie absolue.
Photo : Mikhail Nilov / Pexels
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