Finance

Blockchain : une technologie au service des banques françaises

2018 est incontestablement l’année de la technologie blockchain, une innovation qui n’a de cesse de disrupter les marchés financiers. Plus qu’une tendance, la transformation numérique apportée par cette technologie oblige les entreprises à se réinventer pour concrétiser leurs promesses de croissance.

L’engouement pour la blockchain ne concerne pas que les « pépites technologiques » et autres entreprises d’avant-garde. Les banques commencent également à recourir à ce système de décentralisation pour réduire les coûts et les délais afin d’embellir les publications de comptes de résultats. Explications.

Blockchain, un épouvantail pour les banques ?

Depuis deux ans, nous avons assisté à de nombreuses offensives de la part d’institutions bancaires, lesquelles se sont insurgées contre l’utilisation de la technologie blockchain dans le développement de la crypto-monnaie. Le Bitcoin à ce titre, est devenu en l’espace de quelques mois l’ennemi public numéro un des autorités bancaires.

Leader du front anti-crypto, la Banque de France a plaidé récemment, dans son édition Focus, pour une régulation sévère de cette monnaie virtuelle. Et l’institution bicentenaire n’a pas manqué pas de donner le ton tout en rappelant ses risques : « la monnaie de la France est l’euro. Le profil d’évolution du prix du Bitcoin n’est pas sans rappeler à ce jour celui du prix du bulbe de tulipe”. L’institution compare ainsi cette technologie blockchain à la tulipomanie, la première crise spéculative dans la finance.

Mais tout n’est pas noir ou blanc. Depuis peu, la Banque de France commence à tester la technologie associée au Bitcoin pour un « usage très ciblé ». Elle a lancé, depuis le premier trimestre 2018, le projet MADRE, le premier projet blockchain produit par une banque centrale dans le monde.

Comprendre la technologie blockchain utilisée par les banques

Généralement, nous recensons plusieurs types d’utilisations de la Blockchain. Il y a bien sûr la fameuse technologie des « transferts d’actifs » utilisée pour le développement des applications Bitcoin. Mais d’autres utilisations, moins connues du grand public, commencent à voir le jour. La blockchain est devenu une solution pour la gestion des droits, pour sécuriser notamment le vote électronique, mais également pour sécuriser les actions et les obligations. Et c’est bien cette dernière technologie qui est aujourd’hui plébiscitée par les banques.

Pour accompagner cette évolution, le gouvernement français vient d’inscrire dans le Droit l’utilisation de la blockchain dans le Code monétaire et financier. Plus concrètement, cela consiste à utiliser la blockchain comme modalité technique d’inscription et de transfert des titres non cotés : les parts de fonds (qui se chiffrent à quelques 2.000 milliards d’euros en France), les actions et obligations non cotées (qui représentent 1.000 milliards d’euros), ainsi que les titres de créances négociables (300 milliards d’euros).

Le secteur des services financiers, bientôt méconnaissable ?

Pour le moment, l’application de la blockchain par les banques reste au stade expérimental. La Banque de France utilise ainsi cette technologie pour décentraliser le registre des identifiants créanciers (SEPA), ainsi que pour l’attribution de ces mêmes identifiants. Le Crédit Agricole de son côté teste depuis le début de l’année un service de la blockchain pour le versement des salaires de leurs clients. Une première pour cette institution.

Plus récemment encore, Arkéa Investments Services et BNP Paribas utilisent les technologies de la blockchain pour des cas d’usages plus variés. La BNP Paribas a par exemple réalisée, fin 2017, sa première transaction de souscription dans un fonds de placement en ayant recours à cette technologie. Selon le journal Le Monde, « cette annonce marque une étape importante pour la distribution de fonds, et plus généralement pour l’industrie de la gestion collective.» Et pour cause, cette transaction couvre toutes les étapes du processus, de l’instruction de l’ordre pour arriver finalement à jusqu’à l’exécution de l’opération.

Prochainement, l’utilisation de cette nouvelle technologie se renforcera considérablement. Selon Fabrice Silberzan, directeur général délégué de BNP Paribas AM,  « d’ici à 2 ou 3 ans, l’utilisation de cette technologie pourrait se généraliser ».  Ainsi, nous assisterons à l’adoption rapide de la Blockchain par les acteurs de la finance, des acteurs qui cherchent à réduire les coûts et les délais mais aussi à supprimer tout risque d’erreur dans les transactions financières.

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