L’année 2021 s’annonce particulièrement importante pour le réassureur Scor, qui doit faire face à des défis de gouvernance (l’inévitable départ à court terme de son PDG Denis Kessler) et de rentabilité.  Alors que la sortie de crise sanitaire impose aux acteurs du secteur de l’assurance et de la réassurance de repenser leurs modèles économiques pour anticiper les nouveaux risques et les nouvelles opportunités d’un monde en pleine mutation, la zone de turbulence paraît inévitable.

C’est LA priorité de l’année 2021 pour l’ensemble des professionnels de l’assurance et de la réassurance : imaginer le positionnement à adopter au sortir d’une crise historique qui va refaçonner pour au moins une génération l’ensemble de l’économie mondiale. Aucun des paradigmes qui avaient cours en début d’année 2020 ne peuvent plus faire figure de dogme indépassable.

Mais face à cette révolution copernicienne du secteur de la réassurance, le réassureur Scor semble se consumer depuis plusieurs mois dans des problèmes internes qui posent la question de sa capacité à prendre à bras le corps les défis de l’époque. Ce point d’interrogation est une épée de Damoclès sur les épaules du réassureur français, qui devrait investir toute son énergie à préparer l’avenir.

Mais avant de préparer l’avenir, Scor doit liquider l’ère Denis Kessler, son indéboulonnable patron depuis 2002, dont le départ, sans cesse repoussé, paraît de plus en plus inévitable à court terme. Atteint par la limite d’âge, et cerné par les polémiques sur sa rémunération astronomique (qui dépasse celle de la plupart des patrons du Cac40), le PDG de Scor doit rendre son tablier dans les mois qui viennent.

Mais la problématique de la succession n’est pas le seul sujet de préoccupation des équipes de Scor. Des analystes du secteur de l’assurance relativisent ces derniers temps les bons rendements de la Scor en assurant que si le rendement théorique (dit « normalisé ») du groupe est dans le vert, son rendement réel (ROE effectif) est en revanche décevant (3,8% en 2020 et 5,5% sur les cinq dernières années).

Sur la base de ce ROE effectif, qui prend en compte des événements impactants pour le secteur de l’assurance comme les catastrophes naturelles en tous genres, la stratégie de la Scor, notamment en termes de versements de dividendes ou de rémunération pour son dirigeant Denis Kessler, ne semble pas tenable sur le long-terme. Cette mauvaise passe questionne le positionnement d’un groupe affaiblit de manière encore plus sensible à cette période charnière que constitue la sortie de crise sanitaire.

Autant d’éléments, de gouvernance et de rentabilité, qui font pour Scor, plus encore que pour les autres entreprises du secteur, de cette année 2021, une année de renouveau et de réinvention. Les mois à venir donneront des indications des grandes tendances suivies et de la capacité du groupe français à se refonder dans un monde totalement changeant.

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