Avant de souscrire un PER d’ici fin 2026, frais, fiscalité et blocage sont à vérifier
Frais pouvant grimper à 5%, déduction fiscale activée d’office, épargne immobilisée des années : le plan d’épargne retraite se prépare avant de signer.
Claire Vasseur3 min de lecture

En bref
- Les frais sur versements d’un PER s’étalent de 0 à 5 % selon les contrats.
- La déduction des versements du revenu imposable est une option, cochée par défaut.
- Renoncer à la déduction se décide à l’ouverture et vaut pour tous les versements.
- L’achat de la résidence principale figure parmi les rares cas de sortie anticipée.
Oui, un plan d’épargne retraite peut encore être souscrit avant la fin de 2026 pour bénéficier de ses atouts fiscaux, rappelle Moneyvox. Mais ce placement engage sur la durée, et trois points méritent d’être vérifiés avant de signer : le niveau des frais, le choix fiscal fait dès l’ouverture et l’impossibilité de retirer son argent à sa guise.
Les frais, un coût qui varie du simple au multiple
Premier poste à examiner, la facturation. Les écarts entre contrats sont larges, et juger si un tarif est justifié au regard du produit proposé n’a rien d’évident. Pour se situer, le Comité consultatif du secteur financier, organisme rattaché à la Banque de France, publie dans le dernier rapport de son Observatoire des produits d’épargne financière des moyennes de marché.
Les frais de gestion s’ajoutent à cette ponction initiale. À titre d’exemple, un contrat cité affiche 0,77 % par an sur le fonds en euros et 0,91 % sur les unités de compte. D’autres lignes peuvent encore alourdir la note.
| Type de frais | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|
| Performance ou arbitrage | Prévus par certains supports, en plus des frais de versement et de gestion |
| Transfert | Plafonnés par la loi Pacte à 1 % de l’épargne transférée les cinq premières années, puis nuls |
Gilles Belloir, directeur de Placement-direct.fr, donne son repère personnel :
« Des frais sur versements à plus de 2% ou 3% me paraissent excessifs. »
Gilles Belloir, directeur de Placement-direct.fr
Pour comparer avant de souscrire, chaque assureur met en ligne un tableau récapitulatif détaillant l’ensemble de sa grille tarifaire.
La déduction fiscale, une option à trancher dès le départ
Avec le PER individuel, déduire ses versements du revenu imposable n’est plus obligatoire, contrairement à ce qui prévalait pour le Perp et le contrat Madelin. L’option reste toutefois activée par défaut : l’épargnant qui ne dit rien la reçoit automatiquement.

Il est possible d’y renoncer, en échange d’une imposition allégée au moment de la sortie. Ce choix se signale au gestionnaire lors de l’ouverture et s’applique ensuite à l’ensemble des versements. Un contre-ordre reste envisageable, mais il ne vaut que pour les sommes versées après lui.
Cette souplesse rend le produit accessible aux contribuables faiblement imposés, qui peuvent ainsi préparer une rente viagère peu taxée une fois retraités. Gilles Belloir nuance cet intérêt : « Pour les épargnants qui ne souhaitent pas obtenir une réduction d’impôt, la plupart du temps, l’assurance vie sera à préférer », estime-t-il.
Une épargne immobilisée jusqu’à la retraite
Une fois versé, l’argent reste en principe bloqué jusqu’au départ à la retraite, comme c’était déjà le cas sur les anciens produits. Seules quelques situations autorisent un retrait anticipé :
- le décès du conjoint ;
- une invalidité ;
- un surendettement ;
- la fin des droits au chômage ;
- la cessation d’activité après une liquidation judiciaire ;
- l’acquisition de la résidence principale, cas propre au PER.
Ce verrou fait la différence avec l’assurance vie, qui permet de récupérer sa mise plus facilement avant la retraite. Le conseil ne vaut donc pas pour qui risque d’avoir besoin de ses fonds à moyen terme. Selon Gilles Belloir, « Le produit continue à s’adresser surtout aux personnes qui peuvent se permettre de bloquer leur épargne pendant 15 ans ou plus ».
Photo : Kampus Production / Pexels
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