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Stuart, l’entreprise qui permet à La Poste de faire des économies

Aperçu de l'ancienne interface de la start-up. Source : Stuart

Les usagers se plaignent de plus en plus des services postaux français. Augmentation des tarifs, complexification des services, recrudescence des colis perdus, retards d’acheminement… La liste semble s’allonger d’année en année. Pourtant, les travailleurs de La Poste n’ont pas la vie facile. Les sous-effectifs sont une réalité dans de nombreux bureaux ou centres de tri. Désormais gérée comme n’importe quelle entreprise privée tout en étant née d’un monopole, La Poste veut faire toujours plus d’économies… D’où le recours à une start-up pour livrer les colis en ville.

Stuart, une start-up qui révolutionne la livraison

Le principe est simple, mais il fallait y penser. Si cela fait plusieurs décennies que pizzas et menus sont livrés en ville par des étudiants, il n’y avait rien de tel pour des produits plus sérieux. La food delivery express a donc été revisitée par Stuart pour doper la livraison à moindre coût dans les agglomérations. Des algorithmes engendrent une intelligence artificielle capable d’accélérer la prise en charge et le transit des paquets. On est très proche d’Uber quant au système employé.

Stuart est une start-up française fonctionnant grâce à une plate-forme (application et API) mettant en lien expéditeurs et coursiers. Au bout de la chaîne, c’est le client qui s’y retrouve, avec une livraison de qualité et rapide, pour un prix inférieur à celui d’un colis postal. Avec Stuart, n’importe qui peut s’improviser livreur indépendant, en prenant notamment le statut d’auto-entrepreneur. En réalité, il s’agit plutôt de coursiers, car on reste toujours au sein d’une même agglomération. Ceux-ci disposent d’une assurance de responsabilité civile professionnelle. Les commerçants en ligne ont particulièrement bien accueilli la nouvelle. Voici une vidéo pour tout comprendre :

L’entreprise a été créée en 2014-2015 sous l’égide de Clément Benoît et Benjamin Chemla. Auparavant, les deux entrepreneurs avaient fait la même chose pour la nourriture, notamment avec Resto-In. Le lancement a été à la hauteur de leurs attentes, puisqu’ils ont réussi à capter l’attention d’Allociné, Sushi Shop, Priceminister ou encore Vente privée. Le petit groupe grossit, au point de dépasser dès 2016 les 70 employés permanents, répartis entre les capitales de l’Angleterre, de la France et de la Catalogne. Dans l’Hexagone, après Paris, c’est désormais la ville de Lyon qui est bien lotie. Puis Toulouse, Bordeaux et Montpellier démarrent en force.

Mais l’opposition reste forte

Plutôt que d’en rester au stade de la concurrence, le groupe La Poste a décidé de s’approprier Stuart. Pour cela, 20 millions d’euros ont été mis sur la table en 2016, avec l’acquisition d’un gros cinquième du capital de la start-up. Le but des dirigeants de La Poste était aussi bien de réduire les coûts d’acheminement de certains colis (intra-muros) que de disposer d’un satellite rapportant de l’argent grâce à ses activités à l’étranger. Les débuts à Londres, Barcelone et Madrid ont en effet été très encourageants.

Les deux fondateurs de Stuart ont été remplacés par les inventeurs de Pickup, Paul-Ambroise Archambeaud et Diego Magdelénat. Mais, à l’opposé des responsables de La Poste qui ont opéré un rachat de la start-up complet au printemps 2017, les syndicats de facteurs et de postiers s’inquiètent. Ils repèrent dans les développements de Stuart une ubérisation remettant en cause le salariat en vigueur au sein des services postaux. Selon les syndicalistes, les décisionnaires n’auraient eu aucun égard pour le bien de leurs employés en rachetant Stuart.

Cette start-up permet de booster le commerce en ligne. Source : Stuart

Cette levée de boucliers fait de peu suite à la défiance des syndicats face à toute livraison postale le dimanche. Les menaces de grèves restent bien réelles. Sont officiellement mis en cause la raréfaction progressive des Colissimo acheminés par les facteurs salariés et la montée en puissance des colis Stuart en ville. Le résultat pourrait être des licenciements ou des non-remplacements. En bref, l’adaptation des services postaux français dans un monde économique en pleine mutation est toujours difficile.

Source :

Le Figaro

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