Antilope Van transforme des utilitaires d’occasion en vans en 90 heures

Près de Saint-Brieuc, 75 salariés convertissent des Renault Trafic d’occasion en vans de loisirs, tandis qu’une usine de 6 000 m² est prévue en Normandie.

Laurent Duchêne

3 min de lecture

Antilope Van transforme des utilitaires d’occasion en vans en 90 heures
Photo d’illustration. Deux personnes préparent des œufs sur la kitchenette d’un van aménagé, dans un habitacle en bois et en métal.

En bref

  • Les utilitaires représentent désormais plus de la moitié des véhicules de loisirs en France.
  • Le nombre de campeurs à quatre roues a augmenté de 50 % en dix ans.
  • Antilope Van revendique plus de 30 millions d’euros de chiffre d’affaires après quatre ans d’existence.

Racheter des utilitaires d’occasion, les défaire en partie, puis les transformer en vans où l’on peut vivre : telle est la méthode d’Antilope Van, société bretonne qui consacre 90 heures à chaque véhicule. D’après franceinfo, qui a présenté ce reportage dans « Envoyé spécial » le 15 octobre 2026, cette formule a permis à l’entreprise de franchir le cap des 30 millions d’euros de revenus annuels.

Un marché tiré par les fourgons aménagés

En France, plus de la moitié des véhicules de loisirs sont désormais des utilitaires aménagés, et franceinfo y décèle un marché porteur pour certaines sociétés. Sur une décennie, le parc de campeurs sur quatre roues a augmenté de 50 %. Surtout depuis le Covid, les nouveaux nomades sont toujours plus nombreux à parcourir les routes en fourgon aménagé, le temps des congés ou, pour les adeptes de la « van life », sur toute l’année.

Comparé au camping-car classique, le van passe pour être plus simple à conduire, plus agile et moins gourmand en carburant. Nombre de « van lifeurs » aménagent leur véhicule eux-mêmes, mais d’autres, souvent parmi les plus âgés, s’en remettent à des sociétés spécialisées afin de gagner en confort.

Antilope Van, des ateliers près de Saint-Brieuc

Antilope Van, qui compte parmi les premiers acteurs français du secteur, a ses ateliers près de Saint-Brieuc, où « Envoyé spécial » a posé ses caméras. Les 75 salariés y portent un tee-shirt « Fabriqué en Bretagne ». Le principe économique se résume ainsi : acquérir des utilitaires d’occasion puis les revendre après transformation. Le modèle vedette est le Renault Trafic, présenté comme solide et construit en France, en Normandie.

La recette des 90 heures

La transformation suit une séquence précise, pour une durée totale de 90 heures chrono.

  1. Retirer toutes les pièces abîmées du véhicule.
  2. Découper le dessus de la carrosserie et le remplacer par un toit relevable.
  3. Faire tenir un petit appartement complet dans seulement 4 mètres carrés.

Les achats se font en grande partie à proximité : les toits proviennent d’Anjou, tandis que les rideaux et les matelas sont bretons. Le directeur technique tient à ce point : 60 % des fournitures sont d’origine française. Chaque véhicule présent dans l’atelier a déjà trouvé preneur, auprès d’acheteurs âgés en moyenne de 59 ans.

Une croissance qui appelle une nouvelle usine

L’entreprise n’a que quatre ans d’existence, et la demande explose au point qu’une usine de 6 000 mètres carrés doit être construite à Falaise, en Normandie. Le directeur technique espère y atteindre, d’ici trois à quatre ans, une production annuelle de 2 000 véhicules. Cet objectif reste un espoir, non un résultat acquis.

30 M€de chiffre d’affaires après quatre ans d’existence
900véhicules produits cette année, le double de l’année précédente
6 000 m²pour la future usine de Falaise

Ces chiffres sont ceux rapportés par le reportage, sans autre source indépendante. Le passage de 900 à 2 000 véhicules par an, s’il se confirmait, représenterait un peu plus qu’un doublement de la production actuelle.

Photo : Thirdman / Pexels